Sophie, illustrations botaniques


Interview Sophie Heuchel
Illustratrice botanique

Sophie a suivi la formation à l’ARH en 2008-2009. Aujourd’hui, elle dessine des plantes et des arbres, en associant les aspects artistique, scientifique et symbolique. Deux livres sont à paraitre très prochainement : « En Brocéliande » et « Bouquet floral de nos campagnes et jardins ». Elle anime également des ateliers sur la confection d’un herbier.
Nous vous présentons ici son parcours.

ARH : Quelle formation initiale avez-vous suivi ?

Sophie Heuchel : Au départ, j’ai fait 2 ans de sciences de la vie et de la terre, puis je suis partie sur un Diplôme Universitaire de Technologie (DUT) en finances-comptabilité. Je me suis mariée et j’ai eu 4 enfants, ce qui m’occupait bien. Mon mari était moniteur dans une auto-école familiale, je l’épaulais sur la partie gestion. Je m’occupais également de l’accueil. Mes enfants ont grandi, et ont quitté la maison. J’ai eu envie de changer d’activité. J’avais un grand jardin potager, je me suis dit que j’allais m’installer. Je suis alors devenue agricultrice, en productions de légumes, lapins, œufs et chevreaux.

« Les mauvaises herbes m’embêtaient, mais je me disais qu’on les appelle « mauvaises » car on ne les connait pas.»

ARH : Qu’est-ce qui vous a amenée aux plantes ?

SH : En cultivant, je m’y suis intéressée de plus en plus. Les mauvaises herbes m’embêtaient, mais je me disais qu’on les appelle « mauvaises » car on ne les connaît pas. Je voulais savoir ce qu’on pouvait en faire.
Petit à petit, je me suis soignée, et j’ai soigné mes animaux avec des plantes.
Je me suis alors rapprochée de Cap Santé, une association bretonne de connaissance des plantes et je me suis inscrite à l’ARH. A la fin de la formation, je me suis tournée vers les huiles essentielles, et j’élaborais quelques tisanes et crèmes de beauté avec mes plantes. J’ai suivi la formation ARH en 2008 et 2009. Je l’ai trouvé très complète. Ce n’est pas évident depuis chez soi, ça demande un peu de disponibilité, mais heureusement il y avait les regroupements et les stages, on voyait du monde et ça donnait un aspect pratique à la formation. Je ne connaissais presque rien à la botanique, j’ai donc beaucoup apprécié cette partie. Cela m’a amenée à réfléchir aux solutions que les plantes nous offrent pour évacuer toute la pollution qu’on amène à notre corps.

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ARH : Vous vendiez les produits que vous confectionniez ?

SH : Non, c’était uniquement pour moi et mon entourage, mes amis, gratuitement. Je leur conseillais telle ou telle plante… Mais j’ai reculé, je suis plus à l’aise à l’extérieur, à reconnaitre les plantes, c’est plus mon tempérament.

ARH : Quand avez-vous commencé à dessiner ?

SH : Ca faisait longtemps que j’avais envie de dessiner. Je le faisais déjà un peu, je prenais des cours d’art plastique. Physiquement, ça devenait dur au jardin, et j’aimais tellement l’aquarelle, les jeux d’eau, les pigments qui se mélangent et se fuient… On me disait que j’étais trop dans le détail. Et c’est vrai que j’aime la précision. Quitte à être dans le détail, j’ai voulu y aller à fond : j’ai commencé à faire du dessin botanique, en août 2013. Là, le détail est indispensable, c’est grâce à cela qu’on peut identifier les plantes. Pour beaucoup, l’aquarelle servait à faire rêver, était incompatible avec le côté scientifique. J’ai voulu prouver que c’était faux.
J’ai fait une cinquantaine d’aquarelles de plantes. Je les tirais sur carte postale pour les vendre. En octobre 2014, j’ai eu l’idée de faire un recueil des aquarelles d’arbres que j’avais réalisées, en associant les aspects scientifique (classification, détail des organes des arbres, propriétés médicinales), symbolique et artistique (aquarelle, poèmes). Puis j’ai fait un autre recueil avec les plantes, là-aussi une alchimie entre Science et Art. Je ne voulais pas faire quelque chose de purement botanique, car c’est rébarbatif, personne n’irait voir. Tandis qu’avec le dessin, les poèmes, la mythologie, les propriétés médicinales, ce serait plus facile.

« j’ai eu l’idée de faire un recueil des aquarelles […] une alchimie entre Science et Art. »

ARH : Est-ce que c’est le cas, vos livres se vendent bien ?

SH : Pour l’instant, ils ne sont pas encore parus, mais simplement en vente par souscription. (liens en fin d’article)
Et ça marche bien ! J’ai des prototypes pour pouvoir en parler et les gens sont séduits. Pour moi, lorsqu’une personne s’arrête sur mon livre, elle met un doigt dans l’engrenage : c’est une introduction à la botanique, et à regarder la nature qui nous entoure ! C’est aussi une autre approche des plantes, mais visant de toute façon à inciter à regarder ce qui est autour de nous.

ARH : Comment est née l’idée de réaliser des ateliers sur la confection d’un herbier ?

SH : Tout a commencé lorsque j’ai réalisé mon propre herbier, dans la formation à l’ARH. J’ai fait quelque chose de très esthétique, avec une couverture en cuir, calligraphié, et j’ai eu beaucoup de plaisir à le faire. Il a fait fureur à la correction ! Il a été exposé lors de la fête des simples. Voyant l’intérêt porté sur mon herbier, je l’ai présenté dans des animations avec les enfants, dans une école où j’interviens ; cela me permettait d’expliquer ce qu’est un herbier, et à quoi il sert. Puis c’est la médiathèque locale, qui a entendu parlé de ça et qui m’a sollicitée pour une animation « créer votre herbier », avec une première journée de sortie botanique et cueillette des plantes, et plus tard, une fois les plantes séchées, une autre journée pour la fabrication de l’herbier. Depuis, j’ai animé des démonstrations sur la confection d’une planche d’herbier. Mon herbier a beaucoup été exposé, lors de diverses manifestations botaniques.

ARH : Selon vous, est-il possible de créer son activité en lien avec les plantes ?

SH : Oui, il y a du potentiel pour faire plein de choses ! Par exemple des animations : j’ouvrais les portes de ma ferme lorsque j’étais agricultrice, et ça marchait bien. On pourrait développer des programmes d’éducation à l’environnement, sur tous les produits qu’on nous balance, leur impact… et les plantes dont on dispose pour les remplacer : faire sa lessive, ses cosmétiques. Les plantes appartiennent à tout le monde, chacun peut être capable d’en faire quelque chose, c’est à la portée de tous !

Laurence, bien-être et beauté au naturel !
Laurence, bien-être et beauté au naturel !